30 juin 2020

Étude : Covid-19 et risques psychosociaux chez les Médecins Généralistes


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Pendant la période de confinement, chez GIDE, nous avons été sollicités pour mettre en place une étude à destination des Médecins Généralistes, dans le cadre d’un travail de thèse, afin de comprendre leur vécu de la pandémie Covid-19 et les facteurs de stress associés à cette période exceptionnelle.

La genèse de cette étude

Anna Kirchhoff et Marion Dutour sont Internes en Médecine Générale au CHU de Grenoble. Au démarrage de l’épidémie de coronavirus, elles sont alors en stage pour 6 mois en Médecine Polyvalente à l’Hôpital d’Annecy. Annecy a été un hôpital très vite impliqué dans la prise en charge du Covid-19, puisque la Haute-Savoie a été l’un des premiers départements à recenser des malades, au mois de février 2020.

C’est dans ce contexte qu’elles décident, dans le cadre de leur thèse, de s’intéresser au vécu des médecins généralistes en cabinet pendant cette période de crise du Covid-19. Elles s’intéressent tout particulièrement aux risques psychosociaux et aux facteurs de stress chez ces médecins, dont on a finalement peu parlé, et qui pourtant ont été en première ligne pour faire face à l’épidémie.

La mise en place de l’étude, un travail collectif

Les deux Internes ont eu la chance de pouvoir s’appuyer sur de nombreux professionnels qui leur ont apporté aide et conseils : tout d’abord leurs directrices de thèse, Cécile Janssen et Emilie Piet, infectiologues à l’Hôpital d’Annecy, mais également le pôle recherche de l’hôpital, la DRIC (Délégation à la Recherche Clinique et de l’Innovation), en particulier Tristan Delory.

C’est ainsi que, par le jeu des rencontres, elles ont finalement été aiguillées vers des spécialistes des études autour des risques psycho-sociaux : Sabine Melèze, Hélène Chevalier et Sandrine Levy Amon, trois personnes que nous connaissons bien chez GIDE pour avoir collaboré avec elles dans le cadre de projets divers.

C’est Sabine Melèze qui va finalement mettre Anna et Marion en contact avec les équipes de GIDE.

Chez GIDE, nous avons donc mis nos outils et notre expertise méthodologique au service des travaux de recherche des deux internes, et ce, gracieusement : petit coup de pouce aux deux jeunes Internes et contribution à une meilleure analyse de la période “Covid-19”.

Tout d’abord, un premier questionnaire a été envoyé auprès d’une liste de 5500 Médecins Généralistes, avec l’aide de l’URPS Aura (Union Régionale des Professionnels de Santé Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes).

Cet envoi avait pour but d’obtenir des premiers retours, mais surtout de collecter les adresses emails des soignants volontaires pour faire partie d’un groupe “sentinelle”. 898 médecins ont répondu à l’appel, et parmi eux, 500 ont accepté d’être recontactés pour une deuxième vague, puis une troisième vague au début du déconfinement.

GIDE a programmé le questionnaire, hébergé les données, et s’est chargé des envois d’emails consécutifs à la première vague. Le gros plus, c’est que chaque médecin disposait d’un lien personnalisé : on peut donc suivre les résultats de chaque personne dans le temps. GIDE nous a aussi aidé dans la manière de poser les questions, mais surtout, l’équipe a été très réactive : il était capital de solliciter les médecins à chaud, pendant la période de crise, et pas après, pour avoir un vrai retour sur le vécu des soignants.

(Anna Kirchhoff et Marion Dutour)

Les résultats de l’étude

Les résultats sont encore en cours d’analyse, mais déjà, l’étude a rencontré un écho très favorable auprès des médecins sollicités. Ils étaient très contents que l’on s’intéresse à leur vécu, et avaient énormément de choses à dire.

On a beaucoup parlé des services d’urgences et de réanimation pendant la période de confinement, mais n’oublions pas que les cabinets de Médecins Généralistes sont le premier point d’entrée des malades, la première barrière avant l’hôpital.

La Médecine Générale est une médecine de premier recours, pouvant offrir des ressources intéressante dans un contexte de crise sanitaire, mais sa place est parfois effacée derriere les centres hospitaliers alors qu’elle beneficie d’un maillage étendu a travers tout le territoire “.   Les Médecins Généralistes auraient aimé être davantage impliqué dans la lutte contre la pandémie.Certains ont pu se sentir isolés, oubliés, voire dénigrés ou devalorisés.En France, on souffre d’un mal que l’on pourrait qualifier d’hospitalocentrisme.

(Anna Kirchhoff et Marion Dutour)

La pandémie de Covid-19 a pu, de différentes manières, générer du stress.

Même si les données n’ont pas fini d’être analysées, cela semble se vérifier chez les médecins généralistes.

En s’intéressant au vécu des médecins généralistes, et en étudiant les variables pouvant influencer leur stress, on souhaite identifier des axes à améliorer prioritairement en cas de nouvelle pandémie, pour un meilleur vécu et une meilleure gestion par les médecins généralistes.

Une des conclusions de l’étude pourrait d’ores et déjà être : en cas de pandémie, à l’avenir, il faudrait reconsidérer la place des Médecins Généralistes/ de la médecine générale. 

Nous voudrions remercier toutes les personnes qui nous ont aidées à mettre en place cette étude, et entre autres les équipes de GIDE. Elles se sont tout de suite senties concernées et ont bénévolement donné de leur énergie pour nous aider. Leur professionnalisme, leur expérience nous ont beaucoup aidées.

(Anna Kirchhoff et Marion Dutour)

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